2021

3 ans après la décision d'abandon du transfert de l'aéroport de Nantes Atlantique : où en sommes-nous ?

 

Aux cotés de la députée de la 4ème circonscription de Loire-Atlantique, Aude Amadou, les Maires de Bouguenais, Rezé et Saint-Aignan de Grand Lieu ont souligné l'urgence de la tenue des engagements de l'État sur le projet de réaménagement de Nantes Atlantique et rappelé la priorité de protection des riverains.

Durant cette conférence de presse du mercredi 20 janvier 2021, soit 3 ans après la décision d'abandon du transfert de l'aéroport, les élus ont mis en évidence le bien maigre bilan de la mise en place des promesses gouvernementales.

En effet, le 28 octobre 2019, l'État annonçait les résultats de la concertation publique et les 31 mesures pour "protéger les populations riveraines, répondre avec sobriété aux besoins de mobilité aérienne, et mettre en place une gouvernance ouverte." Aujourd'hui, qu'en est-il ?

L'illusion d'une co-construction

Pour les élus, le pacte de transparence de l'État, la "gouvernance ouverte" promise, ne sont pas respectés. L'État multiplie les réunions de travail mais très peu de choses en sortent. Quant au choix du futur concessionnaire de l'aéroport, rien n'est partagé : ni le cahier des charges, ni le calendrier mis à jour alors même que l'on doit s'attendre à une désignation à la fin de l'année 2021.

La protection des riverains comme priorité

La priorité des élus réunis est claire : la protection des riverains. Mais sur ce point, les mesures gouvernementales trainent particulièrement. En effet, la Taxe sur les Nuisances Aériennes (TNSA), qui finance l'aide à l'insonorisation des logements, devait voir son taux augmenter. Problème : cette taxe est financée par le trafic aérien qui, face à la crise sanitaire actuelle, est en chute libre depuis le mois de mars 2020.

Quelles solutions proposées par l'État pour combler ce financement ? Aucune, et les délais de traitement des dossiers de demande d'aide à l'insonorisation s'en retrouvent alors largement rallongés.

Parmi les autres mesures promises par l'État : la mise en place d'un droit de délaissement et d'une aide à la revente. Mais ces mesures, non concertées avec les communes concernées, ne sont toujours pas effectives. Sous quelles modalités seront-elles appliquées ? Quel sera le périmètre concerné ? Des questions qui restent en suspens.

Vers un nécessaire plafonnement du trafic

"Répondre avec sobriété aux besoins de mobilité aérienne" : à la lueur de la crise sanitaire traversée aujourd'hui, les termes ne devraient-ils pas être redéfinis ? Au-delà des prévisions d'une sortie de crise pour le secteur aérien seulement dans plusieurs années, la crise sanitaire a également acté un changement de regard, une évolution des besoins et une prise de recul sur nos déplacements.

Sans se placer en détraqueurs du trafic aérien, les élus en ont ainsi appelé à un trafic plus efficient et raisonné : la perspective d'un aéroport urbain à 11 millions de passagers serait anachronique. Pour Jean-Claude Lemasson : "Nous devons travailler collectivement le modèle économique futur de la plate-forme, et demandons une nouvelle fois à retenir le nombre de mouvements commerciaux à 56 000 annuels, nombre jugés maximum comme acceptable par les riverains à l'occasion de la DUP de février 2008. "

Aude Amadou conclura cette conférence de presse sur leurs attentes envers l'État : "une accélération et du dialogue. L'État a fait le choix de maintenir Nantes Atlantique, il faut qu'il prenne ses responsabilités."

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